Volcans de l' île de la Réunion : Piton des Neiges, Piton de la Fournaise


L’île de la Réunion d'origine volcanique, comme de nombreuses îles, est située dans l'Océan Indien à environ 700 kilomètres à l’Est de Madagascar. C'est en grande partie à ses deux massifs volcaniques que l'île offre des paysages si singuliers et uniques qui lui confèrent le surnom "d'île intense". Elle repose à moins 4000 mètres sur le fond de l’océan indien, son diamètre atteint 500 kilomètres.



Généralités

Deux volcans composent l'île : le Piton des Neiges ( 3069 mètres ) aujourd’hui endormi et le Piton de la Fournaise ( 2632 mètres ) en très forte activité.

L'île de la Réunion correspond à la partie émergée d'un complexe volcanique intra-plaque et résulte de la juxtaposition des deux massifs volcaniques distincts. La Réunion est née il y a trois millions d’années. A l’origine, seul le Piton des Neiges est en activité, qui se termine il y a 450 000 ans.

Il y a un million d’années, les deux volcans de La Réunion sont actifs et leurs éruptions de coulées basaltiques sont assez semblables. Le cône actif du Piton de La Fournaise glisse vers l’Est et s’enfonce dans la mer (700 000 ans), un nouveau cône se reforme plus à l’Ouest. La Rivière des Remparts se creuse sur la limite d’une première caldeira il y a 280 000 ans . Très rapidement, un deuxième effondrement apparaît un peu plus à l’Est.

Il y a 150 000 ans, le Piton de La Fournaise glisse à nouveau vers l’Est. Il y a 40 000 ans, la Plaine des Sables s’effondre et il y a 5000 ans, c’est au tour de l’Enclos.

La Réunion est un point chaud, phénomène trouvant son origine dans les profondeurs du manteau. Un point chaud est en effet, une zone où le magma parvient à percer la croûte terrestre au beau milieu d’une plaque océanique formant ainsi un volcan. Celle-ci se déplaçant, elle pourra être percée à intervalles plus ou moins réguliers.

Le Piton de la Fournaise est un volcan de type effusif ou hawaiien: la chambre magmatique supérieure ( à moins d’un kilomètre sous terre ) se remplit peu à peu de laves venues du manteau terrestre, la surface du sol se bombe ( on capte des micro-seismes et on mesure ces déformations ), puis se fissure pour permettre l’éruption. Les laves jaillissent de cratères et forment une véritable rivière qui coule parfois à grande vitesse ( 70 km/h en 1976 au dessus de Piton Ste Rose ).

Aujourd'hui, il n'y a plus que le Piton de la Fournaise qui soit actif. Il est constitué d'un empilement de coulées de laves. Sa formation est complexe, il est constitué de trois caldeiras successives, dont la plus active et la plus récente est appelée l'Enclos de Fouqué. Le volcan s'y est édifié avec à son sommet, les cratères Dolomieu et Bory.

Le Piton de la Fournaise est un des volcans les plus actifs au monde. En effet, il est rare qu'il ne reste inactif plus de deux ans. Ces éruptions se déroulent en majorité dans l'Enclos de Fouqué, elles y sont très spectaculaires mais peu dangereuses. Cependant celles qui se déroulent hors de l'Enclos sont souvent destructives.

Le volcan n’est pas une menace pour la population, les éruptions sont approximativement prévisibles et les risques sont avant tout matériels quand les coulées atteignent la route nationale. Les éruptions volcaniques continuent de façonner l'île, l'agrandissant lorsque les coulées atteignent la mer. Au fil du temps, le basalte, rudoyé par les eaux, devient sable noir et de nouvelles plages apparaissent...

L'Observatoire de volcanologie du Piton de la Fournaise

Suite à l’éruption de 1977, les élus des communes et du Conseil Général ont pris conscience de la nécessité de surveiller l’activité du volcan, les zones habitées étant menacées il fallait prendre des précautions.

En dehors des rôles qui lui sont impartis, l’observatoire de volcanologie est une vitrine scientifique de renom pour l’état français. La Fournaise est un des volcans les mieux instrumentés au monde ( nombreux capteurs installés ) et son activité très intense permettent une étude approfondie et la mise au point de nouvelles techniques utilisables dans le monde entier.

Actuellement financé par le Conseil Général de la Réunion et l’Institut de Physique du Globe de Paris ( C.N.R.S ), cet établissement a donc une double vocation :

  La surveillance du Piton de la Fournaise
  La recherche en volcanologie

Quand une éruption est pressentie, l’observatoire de volcanologie prévient immédiatement les autorités ( le Préfet ) qui prendra les mesures appropriées pour avertir et protéger la population réunionnaise.

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Le travail de l'observatoire

C’est un travail continuel, l’observatoire réalise une cartographie exacte des coulées. Il archive également les laves de toutes les coulées dans une Lithothèque.

L’activité sismique est pour ainsi dire permanente, en temps normal on mesure souvent des micro-seismes isolés très faibles de magnitude 1 ( qui ne sont pas ressentis par un être humain ). L’échelle de RICHTER étant logarithmique, une sismicité de magnitude 2 représente 10 fois plus d’énergie qu’une magnitude 1.

En éruption, on ne dépasse jamais l’indice 3 de cette même échelle. 35 capteurs sont disposés sur le périmètre du volcan et jusqu’à Cilaos; il est même question d’en placer à Salazie. Ces capteurs vont « montrer » un séisme à un instant "T", on va croiser les mesures de tous ces capteurs pour situer l’épicentre exact de ce séisme. Les mesures numérisées seront enregistrées sur ordinateur ( 100 mesures par seconde et par capteur ) et gravées sur CD ROM ( 1 CD ROM par jour ).

Techniques d'étude

Elles sont variées et complémentaires. Certaines donnent des renseignements précieux car nous pouvons d’ores et déjà les décrypter, d’autres sont plus expérimentales mais pourront avec le temps s’avérer capitales.

  La sismologie : c’est la base du travail de surveillance. On détecte la surpression et les fracturations du sol, il n’y a pas d’éruption sans séismes. A la Réunion, ces éruptions sont fréquentes mais sans cataclysmes ( c’est un volcan de type point chaud ).
  Les déformations du volcan : quand le magma monte, on constate des déformations ( fissures ) et une variation de l’inclinaison des pentes.
  L’analyse des laves : on trempe un prélèvement de lave dans l’eau pour bloquer son évolution chimique, on détermine sa profondeur d’origine grâce aux composants identifiés ( olivine… ). Les analyses sont faites en métropole.
  Les mesures de champ magnétique : ( depuis environ 20 ans ) elles permettent surtout de dater les anciennes coulées et donnent des indications par rapport à l’activité actuelle.
  Les mesures de radon : ( moins de 10 ans ) . Le radon est un gaz naturellement radioactif contenu dans le magma. Très lourd il est faiblement mobile. Toute arrivée de magma devrait donc s’accompagner d’une forte présence de radon,….. mais en 1998 on n’a rien remarqué ! ces études sont chaque jour remises en question pour faire évoluer la volcanologie.
  Les mesures de distances entre certians points : ces mesures sont moins fréquentes ( 1 mesure par point et par heure ), elles sont effectuées par visée laser et sont donc plus difficiles voire impossibles quand il y a des nuages. Elles permettent de suivre l’évolution du terrain et ses déformations .
  L’analyse des gaz et des températures des fumerolles : la présence de certains gaz peut être annonciatrice de certains phénomènes ou d’ une activité plus intense.
  Les mesures d'écartement des fissures : elles sont réalisées grâce à des extensomètres ( 3 capteurs ) qui peuvent donner des informations précieuses 3 mois avant une éruption. Cette technique existe depuis une quinzaine d’années, mais les mesures effectuées sont aujourd’hui 10 à 100 fois plus fines qu’il y a 5 ans...

Les phases d'alertes volcanologiques du Piton de la Fournaise

  La préalerte : correspond, aux termes du plan de secours spécialisé (PSS) éruptions volcaniques publié en 1992, à "une situation d'activité géophysique anormale".
Cette situation peut se terminer par un retour à un niveau d'activité normal (préalerte levée), se maintenir pendant une période quelconque (de un jour à plusieurs semaines) ou déboucher sur une crise éruptive (on passe en alerte).
  Alerte n° 1 : éruption imminente. "L'observatoire détecte les signes d'une crise intrusive qui selon toute probabilité se traduira par une sortie de lave". L'accès à l'enclos devient interdit. En l'absence de sortie de la lave, il est possible de revenir en préalerte.
  Alerte n° 2 : éruption dans l'enclos.
  Alerte n° 3 : éruption hors enclos. "Cette étape traduit la détection d'activité vers les zones basses". Les communes de la côte sont averties du risque de coulées.

Crédit images : Imaz Press Réunion - www.fournaise.info - Séverine Gaussail

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