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Chronologie de l'année (suite)
En vingt-quatre heures, le piton de la Fournaise a remis en question le projet d’ouverture de l’enclos au public : plus aucune activité n’était visible hier soir et, depuis hier matin, l’observatoire
volcanologique enregistre à nouveau des séismes qui pourraient laisser préfigurer une nouvelle phase éruptive.La menace de l’ouverture de nouvelles fissures éruptives dans les hauts de la commune de Sainte-Rose reste plus que jamais d’actualité. Une hypothèse toujours formulée par les scientifiques et prise en compte par les autorités. Depuis 4 h hier matin, en effet, la sismicité qui avait quasiment disparu après le début de l’éruption, samedi soir, a repris. Les événements, au nombre d’une dizaine pour la journée, ont été localisés à une profondeur estimée au niveau de la mer ou un peu en dessous et à l’aplomb, voire un peu à l’est de l’éruption actuelle, au sud-est du Nez coupé de Sainte-Rose. Trop d’indices s’accumulent pour penser que le volcan va tout simplement se rendormir. La quantité d’énergie libérée par les centaines de séismes enregistrés au cours des six heures de crise qui ont précédé l’éruption, samedi ; la migration du magma loin de la zone sommitale, finalement sorti à quelques centaines de mètres seulement du rempart de Bois-Blanc ; aujourd’hui, la reprise de la sismicité dans la zone-même où il est parvenu, dans l’axe de faiblesse du volcan où il se propage préférentiellement : ce scénario offre trop de similitudes avec l’éruption de 1977 dont la première phase n’avait pas duré plus de quarante-huit heures avant qu’une deuxième fissure s’ouvre dès le lendemain hors enclos dans les hauts de Bois-Blanc. Perspective intéressante sur le plan de la recherche, les scientifiques ont par ailleurs constaté que les échantillons prélevés ces derniers jours ressemblaient en tous points à ceux de la coulée de 1977, différents par exemple des coulées de juillet dernier, ce qui impliquerait des sources d’alimentation différentes selon les éruptions. Vers 23 h, le sous-préfet a finalement rendu le verdict : l’enclos reste fermé au public jusqu’à nouvel ordre. La réouverture du sentier du piton de Partage (mais pas plus loin en raison des risques d’éboulement bien réels au Nez coupé de Sainte-Rose) est à l’étude. Mais si l’éruption s’arrête, personne ne devrait plus s’y précipiter... La bonne mère de Bois Blanc a eu chaud : la coulée filait droit sur elle et a d’ailleurs englouti tout le monument qui lui servait de socle. Quelques voitures oubliées auraient pu subir
le même sort si les gendarmes n’avaient pas employé les grands moyens. Peu à après midi, quelques centaines de spectateurs estomaqués et ravis ont vu débouler
le torrent à 1 200°C. Chaud devant !À 12 h 12, la coulée s’attaque au bitume. Deux minutes plus tard, elle avait traversé les huit mètres de chaussée. Le panneau d’information indiquant l’emplacement de la Vierge tombe dans la foulée, l’autel en pierre de lave est avalé par petits morceaux. Tout le monde profite du spectacle, sans trop de grincements de dents, recule sagement à mesure que la coulée progresse, à mesure que les gendarmes distinguent à travers les fourrés des rougeurs menaçantes. Un peu en dessous de la route, une clairière a permis au nouveaux spectateurs de voir passer la coulée. Ils se sont installés dans l’herbe. Le point de vue était autrement plus confortable qu’en juillet dernier. Enhardi par le public, un fier-à-bras est allés titiller la coulée du bout d’une tige de choka, histoire de ramener un graton tout chaud à la case. Un petit jeu dangereux, mais un souvenir de prix. Quelques-uns ont traîné à deux pas de la coulée, d’autres se sont aventurés en aval, espérant avec raison que la coulée irait à la mer. Les derniers, étaient massés en un grand groupe à l’entrée de l’enclos. De ce promontoire, ils ont suivi patiemment le panache de fumée. Quand un grand jet de vapeur d’eau est monté dans le ciel, signe que la coulée avait atteint son but, on a tous applaudi. L’éruption qui a débuté samedi, à 23 h, au pied du Nez coupé de Sainte-Rose ne permet pas pour autant d’écarter l’éventualité d’une phase suivant, hors enclos. Le sous-préfet Guy Mascrès, le soir-même, en parlait donc comme d’un “répit”.
Hier après-midi, la coulée de lave a atteint l’Océan dans un immense nuage de vapeur d’eau. Quelques spectateurs présents sur le bord de la falaise se sont délectés de cette fabuleuse étreinte entre l’eau et le feu.
Mais toute l’après midi, des centaines de personnes se sont massées sur le bord de la RN2, traversée par la coulée en fin de matinée. Spectacle d’une rare intensité. Et forcément inoubliable.Il est 15 h 40 quand les premiers blocs de lave tombent dans la mer. Le public applaudit et s’agglutine sur le bord de la falaise. Une fine colonne de vapeur d’eau s’élève dans le ciel. Puis, plus un bruit. Chacun observe religieusement l’inimaginable rencontre entre le volcan et l’Océan. En contrebas, d’énormes gratons explosent au contact de l’eau, projetant des particules de laves à plusieurs mètres de hauteur. Une demi-heure plus tard, c’est tout le front de la coulée qui se déverse dans la mer. Le spectacle devient fascinant. Fascinant et dantesque. La lave fluide dégouline en flots ininterrompus sur les flancs de la falaise. L’eau semble bouillonner. Les vagues sont écrasées par les blocs de lave qui dégringolent sans cesse. Et des troncs d’arbres calcinés flottent au milieu d’une écume jaunâtre. 16 heures, le plan Orsec est déclenché par la préfecture. Au PC avancé de Piton Sainte-Rose, le sous-préfet, Guy Mascrès, prépare une éventuelle évacuation de l’intégralité du village de Bois-Blanc. Une petite heure et demie après, l’évacuation est ordonnée. Jusqu’à 19 heures, les patrouilles de gendarmerie sillonnent les rues et alertent les 800 villageois. Ceux-ci ont déjà, pour la plupart, préparé leurs bagages. Vêtements, vaisselles, papiers, TV et parfois même meubles ou frigo ont été emportés dès le matin. Il ne reste que quelques sacs. Entre les préparatifs de départ, l’évacuation à 19 heures et la soirée de veille pour sécuriser le village de Bois-Blanc, la nuit a été longue. Après avoir patienté jusqu’au dernier moment, la grande majorité des habitants a quitté leur village, le cœur serré et pour certains la peur au ventre. L’incertitude la plus totale demeurait après une nouvelle alerte dans l’après-midi. Le risque d’une troisième phase avec l’ouverture de nouvelles fissures hors enclos a été envisagé dès le 5 janvier mais la volcanologie n’est pas une science exacte. Les reconnaissances héliportées menées avec l’assistance d’une caméra thermique n’ont permis à l’observatoire de localiser aucun point chaud, comme de simples fumeroles, pouvant trahir une prochaine sortie de magma hors enclos. Hier soir, preuve que le piton de la Fournaise a de l’énergie à revendre, le débit de la coulée de la Vierge au Parasol ne faiblissait pas. En vingt-quatre heures, elle avait déjà édifié hier soir une vaste plate-forme gagnée sur l’Océan, large d’environ 150 mètres et s’avançant de près de 80 mètres en mer ! Vers 21 h, un débordement de la coulée a dévoré la case réservée à la vente de produits artisanaux sur ce qui restait encore du parking de la Vierge au Parasol, sous les yeux des curieux. Par prudence, la gendarmerie devait faire reculer la foule — estimée entre 1000 et 1500 personnes — jusqu’à la coulée de 1998. Aucun pronostic sur la suite des événements ne peut être livré, insistait hier soir Thomas Staudacher : “L’ouverture de nouvelles fissures peut se produire dans un quart d’heure ou dans trois semaines”. Mais le risque est réel car les ouvertures secondaires, comme celle de samedi, ont toujours lieu à plus basse altitude que les précédentes. Or, celle de samedi s’étant produite à 1000 m d’altitude environ, la suivante pourrait prendre naissance beaucoup plus bas encore. Dans un tel cas, les coulées parviendraient très vite aux zones habitées, ce qui a justifié les évacuations d’hier. L’observatoire volcanologique, les autorités de la région Est et Sainte-Rose vont-ils pouvoir réellement souffler ? L’arrêt brutal de l’activité du piton de la Fournaise,
hier à 16 h 10, ne les autorise pas à le croire sur parole. Ils attendent les jours à venir pour déclarer ou non tout danger écarté. Suite aux informations transmises par les scientifiques,
le préfet a décidé de lever l’alerte n°3 hier midi. Puisque selon l’observatoire, le trémor a chuté considérablement aux alentours de 16 h mercredi, avant de disparaître vers 19 h,
et qu’aucun gros séisme n’a été enregistré sous le cratère du Dolomieu. Les habitants de Bois-Blanc ont pu regagner leur domicile tout en restant vigilants.Malgré la fin de la deuxième phase de l’éruption du 5 janvier, mercredi après-midi, la menace d’une reprise de l’activité et d’une éruption hors enclos n’est pas totalement écartée par l’observatoire volcanologique qui reste en position d’attente. L’éruption peut être terminée comme un bouchon peut avoir obstrué la cheminée d’alimentation. Hier, l’observatoire volcanologique a constaté la disparition des derniers signes suspects encore enregistrés ces derniers jours. La menace d’une nouvelle phase éruptive du piton de la Fournaise semble donc bien s’éloigner après la fin brutale de l’éruption intervenue mercredi 16 janvier dans l'après-midi. Néanmoins, les scientifiques continuent pour l’instant les gardes de nuit et de week-end à l’observatoire. A quatre heures trentes ce matin, le piton de la Fournaise est entré en éruption pour la seconde fois cette année. Quelques jours seulement après être sorti de son repos apparent, après une première phase de préalerte restée sans suite (six semaines, du 2 septembre au 14 septembre, du jamais vu pour ainsi dire), un séisme de magnitude 2 avait été enregistré samedi dernier sous le massif du volcan. Un signe suffisamment fort pour estimer que le réveil du piton de la Fournaise était bien réel cette fois et justifier l’activation de la préalerte, Mardi matin. A 23h30 hier soir locales, une crise sismique violente était enregistrée. Cinq heures plus tard, l’éruption débutait. Trois fissures assez longues se sont ouvertes sur le flanc
Est dans la région de Madoré. Les coulées empruntent une direction Est-Sud-Est. Pour le moment l’éruption a lieu dans l’enclos (la caldeira centrale du volcan) et ne présente donc aucun danger pour la population.
La préfecture a décidé de fermer l’enclos dans la nuit de vendredi à samedi. Cette nouvelle éruption du volcan était attendue depuis plusieurs mois. Depuis trois mois en effet, des crises sismiques sont régulièrement
enregistrées par l’Observatoire Volcanologique qui surveille attentivement la Fournaise.En ce Dimanche 17, l’éruption se poursuit au Piton de La Fournaise. La lave continue de s’échapper des 3 fissures ouvertes sur le flanc Est du Dolomieu en direction de l’Est-Sud-Est. L’éruption n’est visible d’aucun point de vue hors de l’enclos et l’accès de ce dernier demeure interdit au public. Alors que l’observatoire avait enregistré vendredi un niveau de sismicité conforme aux jours précédents, une nouvelle crise a débuté tard en fin de soirée, à 23 h 36 exactement. Cinq heures de crise ont précédé la sortie de la lave. Une durée peu commune, la plupart des éruptions du piton de la Fournaise survenant après une à deux heures de sismicité intense seulement. Les scientifiques expliquent ce phénomène par la migration souterraine du magma loin de la zone centrale du volcan. On n’assiste pas dans un tel cas à une classique éruption dite sommitale (dans la région du sommet, qui culmine à 2632 mètres, ou sur ses pourtours) mais à une éruption à plus basse altitude, comme hier ou le 5 janvier dernier (1630 — 1850 m) et plus éloignée de ce sommet. L’accès à l’enclos est interdit, il ne sera rouvert au public qu’après reconnaissance et sécurisation d’un itinéraire vers l’éruption. Mais aucune date n’était hier envisagée par la préfecture. Crédits images : Imaz Press Réunion - www.fournaise.info | Sources textes : www.clicanoo.re - www.fournaise.info |
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