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Chronologie des évènements Depuis le 7 octobre, l’Observatoire Volcanologique du Piton de la Fournaise enregistre une augmentation continue du nombre de séismes volcano-tectoniques (>50/jour) ainsi que de leur énergie. Les foyers sismiques restent localisés à l’aplomb du Piton de la Fournaise, entre le niveau de la mer et la surface. L’inflation de l’édifice du Piton de la Fournaise progresse sur l’ensemble du volcan. A la date du 10 octobre un gonflement entre 3 et 7 centimètres est enregistré dans la zone sommitale. Des émissions ponctuelles de SO2 (dioxyde de soufre) sont enregistrées. L’Observatoire Volcanologique du Piton de la Fournaise a enregistré 82 séismes volcano tectoniques. La magnitude du séisme principal a été de 2.5 (non ressenti par la population). Les foyers sismiques restent localisés à l’aplomb du Piton de la Fournaise, entre le niveau de la mer et la surface. Depuis le 11 octobre les séismes de plus grande magnitude produisent des éboulements à l’intérieur du cratère sommital Dolomieu. Le gonflement de l’édifice du Piton de la Fournaise se poursuit notamment dans sa portion sommitale. Une possible augmentation du débit des émissions gazeuses au sommet du volcan est enregistrée.
Dans la journée du 14 octobre, l’Observatoire Volcanologique du Piton de la Fournaise a enregistré une augmentation progressive de la sismicité entre 4h et 14h. Une crise sismique (séquence de centaines de séismes) a eu lieu entre 14h et 15h45. Pendant cette phase des importantes déformations ont affecté le sommet du volcan et ont déclenché un nombre très important d’éboulements dans les falaises du cratère Dolomieu. Ces événements correspondent à une première phase d’intrusion du magma sous le sommet du volcan. Depuis 16h11 (heure locale) la sismicité s’est déplacée sous le flanc sud-est du volcan (site dit « Château Fort »). Une séquence de centaines de séismes a lieu depuis. Les séismes sont localisés à faible profondeur (centaines de mètres sous la surface). Des importantes déformations ont lieu à la base du volcan, à la limite entre l’édifice et le secteur des grandes pentes. En conséquence, le préfet de la Réunion Michel Lalande a déclenché ce jour à 20h00, l’alerte 2-2 du plan ORSEC Volcan nommée « éruption en cours ». Toujours selon le communiqué de la Préfecture : une reconnaissance plus complète aura lieu ultérieurement. Une fois encore, "l’accès du public à l’enclos Fouqué, que ce soit depuis le sentier du Pas de Bellecombe ou depuis tout autre sentier ainsi que le poser d’hélicoptère dans la zone du volcan sont interdits jusqu’à nouvel avis". Hier dans la soirée, la lave sortait d’une fissure dont la longueur était estimée à 150 m par des témoins oculaires postés au Piton de Bert, sur le rempart de l’enclos, qui décrivaient deux fontaines de lave atteignant une hauteur maximale de 20 à 30 mètres. La coulée dévalait sur une longueur de quelques centaines de mètres. C’est la première fois depuis l’éruption d’avril 2007, et l’effondrement du cratère Dolomieu, qui a profondément affecté le fonctionnement du volcan, qu’une éruption se déroule aussi loin du sommet. Celles de 2008, 2009 et janvier 2010 pour la plus récente s’étaient déroulées à l’intérieur du cratère ou à proximité immédiate du sommet, à environ 2500 mètres d’altitude. L’éruption d’hier est localisée vers 2000 mètres d’altitude, au pied du cône terminal volcan, loin du sommet donc... l’éruption en cours sur le Piton de la Fournaise est stable. L’activité volcanique se traduit par de petites fontaines de lave reparties le long de la fissure éruptive et qui alimentent une coulée de lave qui progresse en direction de l’est, sud-est.
Une équipe de l’Observatoire volcanologique du Piton de la Fournaise s’est rendu dès ce matin sur le site de l’éruption avec les moyens héliportés de la Gendarmerie Nationale. La lave sort à proximité de l’ancien cratère de Château Fort, à la base du flanc sud-est du cratère Dolomieu et reste confinée à l’intérieur de l’Enclos Fouqué.
Les observations phénoménologiques effectuées sur site, tout au long de la journée, font état d’une activité volcanique stable et d’intensité modérée. Dans le même temps, les autres paramètres géophysiques mesurés et transmis à Observatoire sont eux aussi
restés stables. Le trémor éruptif (vibration liée à l’écoulement du magma) est quand à lui resté continu toute la journée avec des variations mineures de son intensité.Quatre petits cônes se sont installés le long de la fissure éruptive qui s’est ouverte hier soir à 19h10, formant une boutonnière. L’activité de fontaine de lave se concentrait principalement sur trois d’entre eux. Plusieurs bras de coulées de lave émergeants à la base de ces cônes se rejoignent en une seule coulée qui a parcouru environs 1,6 kilomètre de distance en direction de l’est, sud-est. Cette coulée de lave est alimentée lentement mais de manière soutenue. Même si la topographie de la zone lui permet de s’étaler (en moyenne 2 mètres d’épaisseur), la coulée s’approche lentement du haut des Grandes Pentes. Les températures les plus importantes mesurées aux points d’émission de lave sont de l’ordre de 1100 °C. Enfin, les quantités de gaz volcaniques émis a proximité immédiate des bouches éruptives étaient importante, compliquant les opérations de mesures et de prélèvement. ![]() Position des cônes éruptifs formés le 14 octobre 2010 à partir de 19h30 (GMT+4) et position du front de coulée actif le 16 octobre 2010 à 11h30 (GMT+4) Ce matin, un survol destiné à suivre l’évolution de l’activité et de la progression des coulées de lave a été effectué avec le soutien des moyens héliportés de la Gendarmerie Nationale. A 11h30, le front de coulée actif se trouvait environ à 1800m d’altitude touchant le cratère du Gros Bénard, situé au sud sud-est du volcan, à l’intérieur de l’Enclos Fouqué. La distance parcourue par la coulée depuis la fissure éruptive est d'environ 1.6 km. La vitesse moyenne de progression depuis le début de l’éruption est en moyenne de 40 mètres par heure. A son point d'avancée maximale, la coulée présente un seul front actif. Par ailleurs aucune formation caractérisée de tunnel de lave n’a été observée ce matin. Dans la matinée, les fontaines de lave persistaient dans deux des quatre cônes construits le long de la fissure éruptive. Le cône le plus en amont et celui le plus à l’écart en aval ne dégageaient plus que des gaz. Ces bouches éruptives sont situées à la côte 2020 m à proximité de l’ancien cône nommé « Château fort ». L’ensemble des paramètres géophysiques mesurés et transmis à l’observatoire demeure stable à 17h45 ce samedi. Un nouveau survol pour le suivi de l’activité éruptive est prévu demain matin.
Ce matin, un survol destiné à suivre l’évolution de l’activité et de la progression des coulées de lave a été effectué, des images thermiques, des photographies, des relevés de positions GPS des limites de la coulée ainsi qu’un prélèvement d'échantillon dans un lobe latéral de la coulée ont été effectués. La bouche n°1 (celle située à plus grande altitude) n’est plus active, on aperçoit encore des petites projections de lave dans la bouche n°2, mais seule la bouche éruptive n°3 alimente désormais la coulée (Figure 2). L’équipe sur le terrain cet après midi confirme une diminution marqué du débit. La coulée a été déviée vers le sud par l'obstacle que constitue le cône du Gros Bénard (figure 3). Le front le plus avancé de la coulée arrive dans une zone sableuse claire avec lequel la coulée de lave contraste, on peut ainsi distinguer les contours à l'oeil nu (figure 4). Le front le plus avancé est froid, aux alentours de 130°C. Un autre lobe situé plus en amont constitue maintenant la partie la plus chaude de la coulée, aux alentours de 250°C. L’échantillon de lave a été prélevé dans ce deuxième front, les analyses sont en cours. De manière générale, l'avancée de la coulée s'est ralentie du fait de sa progression sur un terrain moins pentu et d’une décroissance du taux d’émission de lave à la source. Le volume de lave total émis est estimé à environ 600 000 m3. Pour mémoire les éruptions post-2007 ont produit des volumes moyens inferieurs à un million de mètres m3. Dans l'hypothèse où le même volume de magma serait impliqué, on pourrait donc s'attendre à ce que cette phase de l'éruption approche de sa fin... Cette hypothèse est confortée par le faible gonflement pre-éruptif. ![]() Figure 2. Photo aérienne de la zone éruptive (vue depuis le Nord-Est): (du premier à l'arrière-plan) la bouche n°1 est éteinte, on distingue encore un peu d'activité dans la bouche n°2, la bouche n°3 reste active. (ADM OVPF/IPGP) ![]() Figure 3. Photo aérienne des coulées (vue depuis le Sud-Est). On distingue le Gros-Bénard au premier plan sur la droite; la coulée est marquée par une couleur plus sombre que le sol. (ADM OVPF/IPGP) ![]() Figure 4. Photo aérienne du front de la coulée (vue depuis le Nord-Ouest). Les contours de la coulée se distinguent mieux sur le matériel sableux. (ADM OVPF/IPGP) L’intensité de l’activité explosive et du dégazage a augmenté depuis hier d’un facteur 2, mais elle reste toujours bien plus faible qu’au début de l’éruption. Des tunnels de lave de courte longueur ont été observés (inférieur à 500m). La progression du front actif de la coulée doit être très lente, voir arrêtée. Il se situe actuellement en amont du cratère Catherine à une altitude de 1800m. on note une augmentation de l’intensité du trémor (1/2 à 1/3 par rapport au début de l’éruption), aucun séisme n’a été enregistré hier. Un léger dégonflement du sommet semble s’amorcer mais le sommet et la base du volcan restent globalement stables. L'accès du public à l'enclos Fouqué et aux sentiers balisés jusqu'au sommet du Piton de la Fournaise est FERME, par contre, la réouverture de l'enclos Fouqué dans sa totalité est effective depuis le mercredi 20 octobre à 18h, permettant l’accès au site de l’éruption du 14 octobre et l’accès au point de vue du cratère Dolomieu. Le sentier qui conduit au site du « Château Fort » a été balisé par les services de l’ONF et un point d’observation du site de l’éruption a été aménagé. Le parcours est exigeant, il est réservé aux randonneurs déjà aguerris et exige quatre heures de marche tant à l’aller qu’ au retour... La carte des sentiers balisés est disponible ici : www.reunion.pref.gouv.fr Une randonneuse a été victime d’épuisement sur le sentier pourtant relativement aisé du piton de Bert samedi soir et a dû être secourue par un médecin du Samu assisté des gendarmes du PGHM. L’itinéraire à l’intérieur de l’enclos qui mène vers l’éruption, beaucoup plus exigeant, impose à ceux qui vont l’emprunter de vérifier qu’ils ont la capacité physique de faire l’aller-retour sans difficulté majeure et.... (pour en savoir plus) Alors que l'éruption semblait stabilisée avec un faible débit et un affaiblissement de l’intensité des phénomènes éruptifs, une augmentation brusque de cette intensité est observée depuis le 27/10 à 16h30... L'intensité du trémor (vibration liée à l’écoulement du magma, paramètre en partie proportionnel a vu son intensité multipliée par 4 ! Cette augmentation sensible du trémor éruptif et des indices très préliminaires de gonflement de la base du volcan peuvent suggérer le début d'une seconde phase éruptive depuis hier 27 octobre... Une reconnaissance héliportée in situ sera effectuée par l’OVPF dans la journée. Sismicité : a) trémor (vibration liée à l’écoulement du magma. Ce paramètre est en partie proportionnel au débit de magma) : Le signal sismique associé à l’éruption et au dégazage s’est terminé à 10:50 ce matin. b) séismes volcano-tectoniques (VT : liés à la fracturation des roches ; indicateurs de l’ouverture de nouvelles voies de propagation du magma ou de nouvelles injections) : pas d’événements enregistrés. Déformations : Pas d’évolution significative. Gaz : Pas d’évolution significative. CONCLUSION : L’éruption démarrée le 14 octobre peut être considérée comme terminée. Actuellement les paramètres géophysiques n’indiquent pas la possibilité d’une reprise d’activité à court terme... Galerie photos de l'éruption d'Octobre 2010: Sources textes : Institut de Physique du Globe de Paris Sources images : © Alain Mussard - Ludovic Laï-Yu - Guy Abalain - Védé/Association Citoyenne de Saint-Pierre - © Institut de Physique du Globe de Paris - Olivier Celerier - Manuel Laloge - JC Boubault - Erick Fontaine - Arnaud Barrey - Laurent Perrier |
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