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Origine La canne à sucre, originaire d'Océanie, a parcouru un long périple pour parvenir sur l'île Bourbon. Son expédition débuta au Xème siècle environ en Asie du Sud-Est puis en Inde, les Perses l'amenant en Méditerranée où elle se diffusa par les Arabes en Afrique du Nord, au Maroc pour gagner l'Espagne. Au XIème siècle, les croisades firent connaître la canne et sa denrée de luxe, le sucre, à toute l'Europe. Suite à la découverte du Nouveau Monde, elle fut introduite au Brésil, à Cuba et au Mexique ainsi qu'aux Antilles lors du seconf voyage de Christophe Colomb en 1493. Fin du XVIIème siècle, Etienne Regnault, premier gouverneur de l'île, l'aurait introduite sur l'île Bourbon. Il faudra attendre le XIXème siècle, lorsque la France perdit ses principales colonies productrices de rhum, pour que l'île Bourbonse lance réellement dans la production de sucre et de rhum, ce qui assura un essor considérable localement. Le monde de la canneL'île, qui cultivait principalement du café et des épices, se spécialise dans le commerce de la canne à sucre qui va devenir la monnaie d'échange internationale. Pour répondre à l'intérêt croissant des colons pour cette plante aux vertues reconnues, des fabriques et des moulins sont mis en place. Une fois la canne broyée par des moulins à boeufs, à eau, à vent, le jus récupéré, appelé également "mélasse" est conduit vers les sucreries où il cuit alors dans différentes chaudières, afin d'être transformé en sucre. Sur l'île, en 1830, plus de 200 sucreries sont ainsi répertoriées, aujourd'hui, seules les usines de Bois-Rouge et du Gol à Saint-Louis sont encore en activité, mais la qualité et la quantité produites sont plus que jamais au rendez-vous. Labat et l'eau de vie Les religieux succédèrent aux alchimistes du Moyen-âge pour la distillation des liqueurs. Au début du XVIIIème siècle, le père Labat devint le véritable fondateur de la fabrication du rhum en améliorant le processus de distillation avec des alambics*. Ce père Dominicain arrivé aux Antilles en 1694 travaillera plus de dix ans à la création d'un alambic, permettant la fabrication d'une liqueur beaucoup plus raffinée et moins âcre que ce qu'elle était jusqu'alors. Ce type d'alambic sera utilisé jusqu'au XXème siècle, puis un nouveau procédé le remplacera : la colonne à distiller. La rhumerie se substitue progressivement aux habitations sucrières à partir de ce moment. * L'alambic : le mot vient de l'arabe "al ambic", ce vase de distillation est un appareil qui permet de séparer, par l'action de la chaleur, un liquide volatil d'un autre liquide moins volatil que lui. les premiers alambics étaient en verre ou en céramique, au XVème siècle, ils furent remplacés par des modèles en cuivre qui augmentèrent leurs capacités et permirent ainsi de démocratiser l'eau de vie, la rendant moins coûteuse. La canne, culture et coupe La canne se plait dans les régions tropicales, elle est parfaitement adaptée aux températures élevées dans un sol néanmoins aéré et irrigué. La canne est plantée par bouturage. Ces boutures sont enterrées en sillons et donnent des
des bourgeons qui se développent en 10 à 15 tiges. Cette plante vivace repousse spontanément après chaque coupe, mais les plans doivent être remplacés après plusieurs années.La récolte de la canne est une étape cruciale nécessitant une grande logistique. La campagne sucrière se situe de Septembre à Décembre, période la plus sêche de l'année et où le taux de sucre est le plus élevé. La coupe "à la main" au sabre à canne ets le procédé le plus répandu, il assure une conservation optimale des propriétés de la plante et assure un meilleur rhum. Une fois la canne tranchée, elle doit être broyée dans les plus brefs délais afin d'éviter une dégradation de ses propriétés, le broyage doit avoir lieu dans les 24h pour une coupe mécanique et 48h pour une coupe manuelle. Ces étapes sont fondamentales pour l'obtention d'un rhum de qualité. La fabrication du rhum La fabrication s'effectue en plusieurs étapes : broyage, fermentation, distillation et vieillissement (en fûts de chêne pour certains rhums).Dès leur arrivée en distillerie, les cannes sont lavées, coupées et broyées pour obtenir le "versou", le jus de canne et la mélasse, matières premières du rhum. Cette sève est ensuite transférée dans des cuves de fermentation où elle repose pendant 24 à 48h. il en résulte un "vin de canne" dont la teneur en alcool varie de 3 à 5°. Tous les résidus solides de la canne, appelés "bagasse", sont utilisés pour alimenter les chaudières, permettant ainsi une parfaite autonomie de la distillerie. Le vin de canne est alors distillé dans les colonnes de de distillation, chauffé à de très hautes températures. Les vapeurs condensées transforment le vin de canne en un "rhum blanc" alcoolisé entre 65 et 75°. Encore trop élevé pour être consommé, il est conduit dans des cuves en inox où il séjournera environ 6 mois. Durant cette période, le rhum est brassé et aéré régulièrement, on dit qu'il est "rassis". Il est ensuite réduitavec de l'eau distillée et ramené à un taux d'alcool entre 40 et 62° pour pouvoir être dégusté. Une partie du rhum blanc est ainsi prête à être mise en bouteilles, une partie sera mise en phase de vieillissement en fûts de chêne, pendant plusieurs mois afin d'otenir du "rhum ambré", une dernière partie vieillira au moins 3 ans pour donner le "rhum vieux". Le vocabulaire du rhum Bagasse : résidu sec de broyage utilisé comme combustible dans les chaudières des distilleries. Vesou : nom du jus de la canne servant à la distillation du rhum agricole. Mélasse : nom donné aux résidus de fabrication du sucre qui ne contiennent plus de sucre cristalisable mais fermentable. C'est l'élément de base des rhums industriels et légers. Les différentes familles de rhums On distingue 3 grandes familles :La route du rhum Le rhum est le 3ème spiritueux consommé mondialement et sa croissance ne cesse d'augmenter. La Réunion produit 500 millions de litres de rhum chaque année, on compte 3 distilleries qui produisent le rhum Charette, marque la plus connue à la Réunion. ![]() Créée entre 1948 et 1950, elle s'est enrichie d'un atelier de distillation favorisant la production de rhums légers en 1982. Initialement basée à Saint-Paul, la distillerie sera transférée sur le site de Bois-Rouge à Saint-André, elle possède le plus grand chai de vieillissement de la Réunion. la distillerie de Savanna ets la 1ère rhumerie européenne à être certifiée ISO 9002 par l'AFAQ. La distillerie continue de perpétuer la tradition du rhum réunionnais et propose une gamme complète de rhums destinés à la dégustation (rhums vieux), à l'élaboration de cocktails ou encore aux arts culinaires. 2, chemin de Bois-Rouge - Saint-André - 0262 58 59 74 - Site web de la distillerie de Savanna Créée au 19ème siècle, la distillerie Rivière du Mât va rapidement devenir la première de la Réunion à proposer une véritable culture du rhum vieux. On garde précautionneusement le "secret de fabrication" de son fondateur Léonus Bénard, qui permet régulièrement à la distillerie de reçevoit des médailles d'or au Concours Agricole de Paris. Elle s'est modernisée en 1996 par l'achat d'une chaudière à vapeur autonome, lui permettant de tourner de Mai à Décembre, 24h/24 et 7j/7, elle est aujourd'hui la plus importante unité industrielle de la Réunion avec une capacité équivalente à 80 000 bouteilles de rhum par jour. La distillerie produit une vaste gamme de rhum traditionnel blanc, rhum agricole blond et rhums vieux. Chemin Manioc - ZI Beaufonds - Saint-Benoit - 0262 50 27 32 - Site web de la distillerie Rivière du Mât ![]() Depuis plus de 150 ans, Isautier perpétue la tradition du rhum. Charles Isautier s'est installé à la Réunion au début du 19ème siècle, la culture de la canne était en plein développement, il fonda avec son frère la première distillerie locale d'envergure industrielle. Aujourd'hui, la distillerie Isautier est la seule distillerie familiale de l'île. Elle est le symbole de la tradition rhumière locale, et a su s'adapter au marché et proposer de nouveaux produits et notamment les punchs. Sa gamme va bien entendu des traditionnels rhums blancs et vieux mais propose également des rhums arrangés aux saveurs gourmandes (gigembre/citron, café/vanille, maloya/coco...)en passant par les punchs (letchis, passion, combava...), une impressionante gamme qui mêle rhum et fruits locaux. ZI n°2 - Saint- Pierre - 0262 96 11 96 - Site web de la distillerie Isautier |
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